Je vous ai laissé il y a quelque temps à un moment où je venais de faire un diagnostic littéraire qui, après une courte période de découragement, m’avait ouvert des pistes pour améliorer mon roman. Je m’y suis attelée et cela m’a pris de longs mois. J’ai ajouté des personnages secondaires, mais aussi enrichi l’histoire, avec notamment l’introduction de chapitres dédiés au point de vue de chacune des protagonistes. J’ai également développé la fin qui avait semblé trop abrupte à ma « diagnosticienne ». Et puis est venu le temps de la relecture, de la correction, de la rerelecture, de la rerecorrection.

J’étais partie dès le début avec l’idée de publier cette nouvelle version en autoédition. Avant tout parce qu’attendre des mois, voire plus d’un an, entre le moment où j’aurais décidé que le texte était prêt à être partagé et la publication me paraissait inimaginable. J’étais impatiente que la nouvelle version remplace la première. Mais voilà… Une fois le tapuscrit entre mes mains, j’ai hésité. J’avais beaucoup travaillé, j’aimais le résultat auquel j’étais parvenue et je me suis dit que je pouvais peut-être lui donner une chance en édition traditionnelle. Je crois que j’avais pris ma décision au fond de moi, mais j’ai quand même dressé un tableau des avantages et des inconvénients de chacun de ces deux modes d’édition.

Autoédition : de nombreux avantages…

Le premier avantage que j’y vois, je l’ai dit, c’est la rapidité de mise à disposition du livre auprès des lecteurs. Surtout si on passe par une plateforme qui prend en charge une bonne partie du travail. Si on fait tout tout seul, cela peut prendre du temps, tout dépend du type d’ouvrage, de la complexité de la mise en page, de la présence de photos, de schémas… et de son expérience ! Je dois dire que, dans mon cas, je découvre beaucoup d’aspects, et, avec mes deux petites mains, je n’avance pas très vite.

Oiseau en vol dans un ciel bleu et nuageux, symbole de liberté et de prise de décision

Autre gros avantage : la liberté. D’un point de vue créatif, que ce soit pour la mise en page, la couverture, la 4e de couverture, le texte, le format, mais aussi la promotion, la diffusion, tout dépend uniquement de soi. Ça peut faire peur, mais ça donne un sentiment d’exister pleinement, d’être maîtresse de son « art ». Et dans la liberté, on trouve également celle de revenir sur l’ouvrage. J’ai en effet été particulièrement séduite par le fait qu’on puisse modifier après publication de nombreux éléments, en dehors du titre et de l’auteur. Et savoir que s’il y a une coquille quelque part, je peux intervenir très rapidement, ça me rassure.

Un autre intérêt, plus lié à mon expérience et à mon goût pour l’informatique, est qu’autoéditer permet de découvrir et d’apprendre de nombreuses choses : utilisation des plateformes de publication, règles et logiciels de mise en page, outils de conception graphique, création d’une maquette, d’une page d’auteur. Et beaucoup d’autres encore. Personnellement, j’aime ça, mais je sais aussi que si je suis bloquée quelque part, je peux trouver des partenaires qui feront certaines parties du travail pour moi.

Autre avantage souvent cité, qui, pour ma part, me touche un peu moins : tirer davantage de revenus de ses ventes. Logique, puisqu’en autoédition, on prend en charge une plus grande partie du travail. En pratique, on reçoit environ 70 % du prix de vente pour les livres numériques (avec des variations selon les librairies en ligne), et un peu moins pour les livres papier, en fonction du mode d’impression choisi. Ces taux peuvent être plus faibles lorsque l’on passe par une plateforme qui prend en charge tout ou partie du travail d’édition, mais ils restent généralement supérieurs aux 8 à 10 % du prix de vente annoncés en édition traditionnelle.

Autre point, pas forcément primordial, mais à noter tout de même : il est beaucoup plus facile de suivre ses ventes en autoédition. On sait quasiment en temps réel combien d’ouvrages on a vendu, et, on l’a vu, on peut alors ajuster ses actions. Tandis que dans l’édition traditionnelle, en tant qu’auteur, on a un décompte des ventes une fois par an.

… et pas mal d’inconvénients

Mais bien sûr, toute médaille a son revers, et l’autoédition n’est pas dénuée d’inconvénients. Et le premier à mon sens, c’est que si on ne prend pas en main la mise en avant de son ouvrage, eh bien, il ne se passera rien ! Le livre sera là, disponible sur les librairies en ligne (et éventuellement dans un carton sous son bureau), au format numérique et/ou papier. Mais aucun lecteur potentiel ne le verra. Et il dormira bien tranquille dans son coin. Pour gagner un bout d’étagère dans une librairie physique, il faudra démarcher le libraire. Pour toucher des lecteurs, il faudra organiser des rencontres, des dédicaces, aller dans des salons. Pour obtenir des commentaires, il faudra communiquer auprès de lecteurs, de blogueurs, d’influenceurs. Peut-être aussi payer des publicités.

Et il n’y a pas que sur la promotion que l’on doit se retrousser les manches. Comme on l’a vu, l’auteur autoédité jouit d’une grande liberté à tous les niveaux de la chaîne d’édition. Mais cela veut dire qu’il doit prendre lui-même en charge chaque étape. Ou sous-traiter (et donc payer) celles qu’il ne peut pas réaliser lui-même.

Gros point noir, et personnellement, c’est celui qui m’a fait le plus hésiter : l’autoédition n’a pas toujours bonne presse auprès des professionnels du livre. Une certaine idée que si on autoédite, c’est qu’on n’a pas trouvé d’éditeur et que si on n’a pas trouvé d’éditeur, c’est que le livre n’est pas assez bon. J’entends fréquemment dire que c’est de moins en moins vrai et que de plus en plus de libraires sont ouverts à l’autoédition. Peut-être parce qu’on peut observer un nombre non négligeable de « success stories » d’auteurs autoédités, par exemple Aurélie Valognes. Et aussi parce que certains auteurs reconnus, édités par de grandes maisons, font aujourd’hui sciemment le choix de l’autoédition. Je pense là notamment à Joël Dicker.

Mais pour que cette tendance se poursuive, les ouvrages autoédités doivent être de bonne qualité. Or, si l’auteur ne prend pas soin de faire faire un diagnostic de manuscrit (voir mon article : « Un premier jet parfait : dans tes rêves ! »), d’obtenir le retour de bêta-lecteurs, de faire corriger son texte par un correcteur professionnel, cette qualité ne peut être garantie. Et en tant qu’auteur, on se sent forcément plus légitime quand on a été adoubé par le comité de lecture d’une maison d’édition.

Quid de l’édition traditionnelle ?

Je ne vais pas m’étendre sur les avantages et inconvénients de l’édition traditionnelle, vous l’aurez compris, il suffit de renverser chaque argument en faveur ou défaveur de l’autoédition.

Personnellement, je mettrais en avant la reconnaissance par le métier de l’auteur qui a franchi avec succès toutes les étapes de sélection. Avec cette idée : s’ils l’éditent, c’est que l’ouvrage vaut le coup. Que je nuancerais tout de même avec un « s’ils l’éditent, c’est qu’il est « bankable » » que l’on ne peut ignorer quand on voit sur les étals des libraires tous ces livres de vedettes du grand ou du petit écran, de la politique, voire des réseaux sociaux, ou encore des « fils et filles de », qui ont pour atout leur célébrité, mais n’ont pas forcément écrit leur livre. Enfin, certains, pas tous, bien sûr.

Livres empilés sur une table lors d’un salon du livre, avec des visiteurs feuilletant les ouvrages

Et ensuite, je garderai comme gros avantage le fait d’avoir à sa disposition une machine à éditer, à publier et à promouvoir bien rodée, menée par des professionnels sur tous les aspects de la chaîne du livre, avec un carnet d’adresses conséquent et actionnable dès la mise en rayon de l’ouvrage.

Quant aux inconvénients, nous l’avons vu, ce sont pour moi principalement les délais et la perte de contrôle sur sa création. Et aussi la moindre rémunération, mais compensée par un volume de ventes a priori plus important.

Ma décision

Alors, une fois le point final mis et les nombreuses relectures terminées, il s’est agi de décider : tenter l’édition traditionnelle ou autoéditer ? J’ai opté pour le compromis : tenter l’édition traditionnelle, mais sur un nombre limité de maisons d’édition, choisies en fonction de la possible compatibilité de mon travail avec leur ligne éditoriale, et commencer en parallèle à préparer l’autoédition pour être prête le moment venu.

J’ai donc épluché les sites de maisons d’édition, comparé les conseils des formateurs, blogueurs littéraires, et sélectionné dix éditeurs. Pour la première édition, j’avais adressé mon tapuscrit aux grands éditeurs, ceux dont j’avais le plus d’ouvrages dans ma bibliothèque, ceux qui gagnaient des prix. Là, j’en ai choisi des plus petits, ayant publié des romans dans un genre approchant celui du mien, et mettant en avant des valeurs et une ligne éditoriale qui me parlaient. J’ai écrit des lettres d’accompagnements personnalisées, collé des timbres (beaucoup) et envoyé.

Ensuite, j’ai tout mis de côté pendant un bon mois, ça tombait bien, c’était l’été. Puis j’ai commencé à avancer sur l’autoédition. En suivant des formations d’abord, puis en progressant pas à pas sur ce chemin. Je ne le détaille pas ici, je vous en parlerai dans un autre article dédié au parcours de l’autoéditeur.

Et maintenant ?

La nouvelle édition des Passeurs de Vérité, papier et numérique, est terminée, prête à être publiée. Dans quelques jours, je recevrai le premier exemplaire imprimé. Alors, oui, j’ai mis du temps. Et, oui, j’ai reçu la fameuse lettre de refus des éditeurs (ceux qui ont pris la peine de répondre), celle qui dit « votre manuscrit ne correspond pas à notre ligne éditoriale ». Au début, c’est vrai, j’ai eu un petit pincement au cœur. Et peut-être que si j’avais eu une réponse positive, j’aurais signé un contrat. Mais maintenant que je suis arrivée au bout de l’autoédition, c’est terminé ! Plus de pincement ! Plus d’hésitation ! J’ai tellement appris et j’ai tellement aimé imaginer puis fabriquer l’objet « livre » moi-même, en toute autonomie, laisser s’exprimer ma créativité, que c’est absolument certain : pour le prochain, je ne tenterai pas du tout l’édition traditionnelle. Parce que ce sentiment d’accomplissement, cette joie d’avoir mené un projet du début jusqu’à la fin, je ne les laisserai pas à quelqu’un d’autre. Pour rien au monde !

Du début à la fin, ai-je dit… Hum… Je vous vois venir… et vous avez raison. Il reste encore une grosse étape : la promotion ! Je vais m’y atteler. Mais parmi les composantes fondamentales en ce domaine, je sais que je dispose déjà de la plus importante : avoir à mes côtés une précieuse communauté de lecteurs fidèles que j’aime… et pour qui je ressens chaque jour une grande gratitude : vous ! Donc, merci à l’infini… et au-delà !

Citation "Parce que ce sentiment d’accomplissement, cette joie d’avoir mené un projet du début jusqu’à la fin, je ne les laisserai pas à quelqu’un d’autre. Pour rien au monde !"

© Copyright Isabelle Anne Roche – 2026 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Logo estj simple

Vous voulez découvrir pourquoi j’ai décidé de faire une deuxième version des Passeurs de Vérité ? Quel rituel d’écriture j’ai mis en place ?

Suivez les liens :

➜  Cent-vingt fois sur le métier

➜  Dix minutes, tous les jours

Image Optin

Vous aimez lire ? Ne ratez pas le prochain texte !

Abonnez-vous pour recevoir des textes uniques : inspirations autour du développement personnel, courtes histoires fictionnelles, contes, instantanés ou confidences sur les coulisses de l'écriture. Une belle occasion de nourrir votre réflexion, sourire et plonger dans l'univers des mots.

Merci ! Votre demande d'inscription a bien été prise en compte. Rendez-vous dans votre boîte mail pour la confirmer !

Pin It on Pinterest

Share This